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Editorial  :

 

 

Juin 2008

Egypte – Soudan, une histoire d’interpellation

 

Mon récent séjour en Egypte m’inspire pour l’éditorial de cemois-ci…

« C’est pas loin, il suffit de marcher 15 minutes maximum ! » « Mich momkin, répond Ahmed un ami égyptien, hors de question que l’on marche autant ! » Je retrouve bien là, le sport national de l’Egypte : éviter l’effort physique…

« On n’a qu’à prendre un Amjad… » « Un quoi ? Une victoire ? ».. Je répondes que c’est ainsi que l’on nome les camionnettes de transport public au Soudan… sourire de mon interlocuteur. Bien qu’il soit déjà une heure avancée de la nuit, les taxis sont encore nombreux dans les rues… et ils le resteront toute la nuit. Le Caire est une ville qui ne connaît pas le repos, elle vibre constamment, les bruits se mélangent dans une énorme clameur comme si le chef d’un orchestre se serait retirer incapable d’en maîtriser la vivacité, les muezzin,s les klaxons, les cris des maraîchers, les serveurs qui veulent vous attirer dans leur restaurent… Et la lumière, on confondrait celle du soleil et celle de la nuit telle les lumières des cafés qui resteront brillantes toute la nuit et où le Cairote fumera sa chicha aussi bien à 9 heures du matin, qu’à 16h jusqu’à 3 heures du matin suivant… sans avoir bougé de sa chaise d’où il contemple les badauds de la rue.

Je vois un taxi il représente à lui tout seul la guerre froide où les voitures LADA triomphées dans le bloc Est… « YA ZOL » !! Le taxi s’arrête, j’entends au même moment mon ami pouffait de rire  « Ya Zol.. !!! ? Habibi, tu deviens soudanais ! »… Je ne peux m’empêcher de penser que si nous devions trouver la véritable frontière entre l’Egypte et le Soudan (mais est ce qu’il y en a une ?), ce serait en remontant le Nil là où s’arrête le « Ya Habibi » et là où commence le « Ya zol »...

 Mathieu O’Keefe

Je profite de cet éditorial, qui me sera le dernier, pour remercier toute l’équipe du CCF pour le plaisir que ce fut de travailler avec eux à Khartoum. Je garderais un formidable souvenir du Soudan